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La géométrie comme émotion

L'acier, le béton, le verre, les matières brutes que la lumière révèle et que l'objectif réinterprète. Ce que l'architecte a conçu pour durer, le photographe le saisit dans l'instant fugace où une ombre traverse une façade où le soleil transforme une surface froide en quelque chose de vivant, de presque organique. L'architecture est le seul art que l'on ne choisit pas de regarder. Elle s'impose, elle domine, elle encadre nos vies sans que nous lui demandions la permission. C'est peut-être pour cela qu'elle mérite qu'on s'y arrête vraiment. Qu'on lève les yeux. Qu'on cherche dans la répétition d'une fenêtre, dans l'angle brutal d'un coin de rue, dans le reflet déformé d'une tour de verre, quelque chose qui ressemble à une vérité. Photographier l'architecture, ce n'est pas documenter des bâtiments. C'est chercher le moment précis où la pierre cesse d'être minérale pour devenir poème. Où la ligne droite devient tension. Où le vide entre deux structures raconte plus que les structures elles-mêmes. Une architecture photographiée n'est plus tout à fait la même. Elle perd sa fonction pour gagner une présence. Elle se détache de son contexte, de son usage, de son nom. Elle devient forme pure et dans cette pureté elle devient regard. Le mien, d'abord. Le vôtre, ensuite. Et entre les deux, quelque chose qui n'appartient ni à l'un ni à l'autre.

Architecture d'intérieure

Architecture Contemporaine

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